01-10-2022 01:11 AM Jerusalem Timing

Un réseau israélien de trafic d’organes démantelé au Brésil

Un réseau israélien de trafic d’organes démantelé au Brésil

Plusieurs réseaux de trafic d’organes sont israéliens et ont été arrêtés.

Dimanche dernier, peu avant 15h heure locale, l’israélien Gedalya Tauber est arrivé à Recife. Il est considéré comme le chef d’une organisation criminelle impliquée dans le trafic d’organes humains.

Il était en cavale depuis 2009 et a retrouvé puis arrêté en 2013 en Italie, en attente de son extradition. Tauber est arrivé à bord d’un vol commercial en provenance de l’aéroport de Guarulhos, à São Paulo, sans menottes et accompagné en toute discrétion par des policiers fédéraux en civil.

Lorsque l’avion s’est posé, une voiture de la police fédérale est arrivée sur la piste, s’est arrêtée à proximité des portes de l’avion, et Tauber est monté dans la voiture sans passer par la douane ni par la porte de débarquement. À la vue des va-et-vient mouvementés de la presse et de la police dans l’aéroport de Recife, les passagers se sont rendu compte que quelque chose d’étrange se passait, ce qui a généré une certaine inquiétude.

De l’aéroport, il a été amené à l’Institut de médecine légale pour examen, au vu de son état de santé affaibli. Ensuite, il sera emmené à la prison de Centro de Observação e Triagem Prof. Everardo Luna (COTEL), située à Abreu e Lima, dans la banlieue de Recife. Un délégué ainsi qu’un agent d’Interpol de Pernambuco ont été responsables du transfèrement de l’individu de l’Italie jusqu’au Brésil. Il sera à disposition de la 1ère Cour régionale de sanction pénale, dirigée par le juge Luiz Gomes da Rocha Neto.

Des facultés affaiblies

À l’aéroport, le délégué de la police fédérale, Alexandre Lucena, a expliqué que Tauber a été en cavale de 2009 à 2013. Il a été localisé et arrêté à l’aéroport de Rome, en Italie. Selon Lucena, durant ses années de cavale, Tauber a régulièrement changé de résidence, rendait visite à des parents, et circulait librement dans des pays comme les États-Unis, Israël ou le Canada. Le délégué affirme par ailleurs que l’accusé se trouve dans un état de santé affaiblie, a été malade au cours du vol en provenance de Rome vers Guarulhos, et a reçu des soins médicaux constamment durant le vol.

Au Forum Joana Bezerra, le juge Luiz Rocha, de la première Cour régionale de sanction pénale, a clarifié le fait que lorsque Tauber a demandé à la Justice brésilienne de pouvoir voyager, il se trouvait déjà en liberté conditionnelle. Cette autorisation lui a été donnée en décembre 2007. À l’époque, il avait prétendu que sa mère, âgée de plus de 90 ans, était très malade et désirait pouvoir lui rendre visite.

Désormais, selon le juge, l’Israélien sera condamné à de la prison ferme.

L’établissement pénitentiaire n’a pas encore été choisi, mais étant donné son âge avancé, et par respect pour les droits des personnes âgées, il recevra tous les soins nécessaires. Rocha a également déclaré que l’année que Tauber a passée en Italie dans l’attente de son extradition doit être décomptée de la peine d’emprisonnement qui lui reste, estimée dans un premier temps à plus de 4 ans.

Comprendre cette affaire

L’Israélien est considéré comme le chef d’une organisation criminelle qui, depuis 2002, a réussi à tromper environ 30 Brésiliens des quartiers pauvres de Recife et de Pernambuco pour vendre leurs organes. Les victimes étaient emmenées en Afrique du Sud, où des patients israéliens étaient en attente de ces transplantations de reins illégales.

Taburo qui purgeait sa peine au Cotel, avait obtenu de la justice de Pernambuco une autorisation de quitter le pénitencier et de voyager pour une durée de 30 jours. Il était en cavale depuis 2009, et n’a été repris qu’en 2013. L’accusé a été arrêté lors de l’opération Bistouri, qui a débuté en mars 2003 et a duré 9 mois. L’objectif de cette opération était de démanteler une organisation de trafiquants d’organes. Les victimes signaient une fausse déclaration affirmant que les destinataires de ces organes appartenaient à leur famille.

Chaque opération chirurgicale générait une somme de 150. 000 dollars américains, somme ensuite redistribuée aux membres de l’organisation criminelle. Ces derniers étaient en mesure de facturer 20 fois plus que les Brésiliens qui donnent leurs organes. L’ex-chef de cette organisation a été condamné à 11 ans et 9 mois de prison, peine réduite à 8 ans et 9 mois. Lorsqu’il a débuté sa cavale, il devait encore purger 4 ans et 9 mois de prison. Il a été arrêté alors qu’il tentait d’embarquer sur un vol de l’aéroport de Fiumicino, à Rome.

Selon la police fédérale, le gouvernement du Brésil a demandé au gouvernement italien l’extradition de l’ancien responsable de l’organisation criminelle afin de lui faire purger le reste de sa peine au Brésil.

L’affaire

Douze personnes ont été arrêtées au Brésil ; elles sont considérées comme des recruteurs de donateurs. En Israël, deux personnes ont été arrêtées pour fraude du système de santé national dans l’optique de réaliser les opérations chirurgicales. En Afrique du Sud, 20 médecins et infirmiers qui pratiquaient ces interventions chirurgicales ont également été arrêtés.

Au cours de l’enquête, il a été constaté que 47 personnes ont été emmenées à l’hôpital Sant Agostini, à Durban, en Afrique du Sud, pour procéder à l’extraction de leurs reins. Elles recevaient en échange entre 5 000 et 30 000 real brésiliens lors de ce processus. Selon les estimations de la police fédérale, l’organisation criminelle a engrangé approximativement 4 millions de dollars américains dans le cadre de ces opérations chirurgicales.

 

Traduit d’après l’article de Globo.com par Fabio Coelho pour Croah.fr