29-06-2022 08:49 AM Jerusalem Timing

S.Nasrallah:Le Hezbollah prêt à une guerre au-delà de la Galilée

S.Nasrallah:Le Hezbollah prêt à une guerre au-delà de la Galilée

"Toute agression contre la Syrie sera punie par l’axe de la résistance"."Le Hezbollah a des missiles iraniens pouvant atteindre tout Israël".

Le secrétaire général du Hezbollah Sayed Hassan Nasrallah, a affirmé ce jeudi dans une interview accordée à la télévision panarabe al-Mayadeen que "la Résistance est prête à intervenir contre les forces d'occupation israéliennes en Galilée et au-delà de la Galilée, à savoir dans d’autres régions de la Palestine occupée".

Sayed Nasrallah a en outre affirmé que "toute agression contre la Syrie sera punie par l’axe de la résistance".  

"Les raids israéliens répétés sur différents objectifs en Syrie sont une grave violation (…) Toute frappe contre des positions en Syrie vise tout l'axe de la Résistance  et pas seulement la Syrie", a expliqué Sayed Nasrallah. "Oui, cet axe pourrait décider" de riposter (...) C'est son droit. Cela peut arriver à tout moment".

Voici les principaux extraits de cette interview:

Changement des règles du jeu avec « Israël »

Pour Sayed Nasrallah, la résistance est prête à changer les règles du jeu avec les forces d’occupation israéliennes. Sayed Nasrallah a rappelé la riposte de la résistance contre les forces d’occupation en 2014 et l’opération contre les soldats israéliens à Chebaa (frontière sud). Les Israéliens ont compris le message selon laquelle la résistance est prête à la riposte convenable face à toute agression. Vous vous rappelez que les Israéliens ont tué avec préméditation un de nos résistants après qu’il eut découvert un engin d’espionnage dans la région d’Adloun (Sud). La résistance a alors riposté à l’assassinat par préméditation d’un des résistants.

Vos lignes rouges

Nous ne pouvons pas dire que toute violation de l’espace aérien et de la souveraineté devrait être une ligne rouge. La violation de l’espace maritime, les infiltrations dans certaines régions du sud, l’implantation des engins d’espionnages sont toutes des lignes rouges et des violations qui nécessitent la riposte de la Résistance. Notre droit est de riposter.

Mais si on le fait ou pas, ceci dépend de plusieurs considérations et des intérêts sur différents niveaux. La résistance ne peut pas dire aux Israéliens si vous faites ce genre de violation on ripostera de la sorte, et on ne fera rien quand il s’agirait d’une telle agression. La Résistance a le droit de répondre à toute sorte d’agression, tout en choisissant le temps et les moyens convenables.

La Résistance n’est liée par aucune règle ou directive. On refuse que la résistance soit menée à répondre à toute agression israélienne contre le Liban, indépendamment de sa volonté.

Le commandement de la résistance étudie les conditions et la nature de la violation avant toute riposte.

Pour Israël, le Hezbollah est épuisé par la guerre en Syrie

Sayed Nasrallah a assuré que malgré les préoccupations du Hezbollah par les développements en Syrie et ailleurs, la Résistance a mis à l’écart le front avec Israël (…) la preuve l’opération que la résistance a mené en 2014 à Chebaa.

La résistance n’a pas été affectée. Les Israéliens disent d’ailleurs que le Hezbollah a gagné une grande expérience en raison de sa participation à la guerre en Syrie.

La Résistance prenait d’assaut, dans le passé, une ou deux postions de l’armée d’occupation israélienne au sud Liban. Elle ne menait pas une offensive contre des villes.

C’est pour cela les Israéliens évoquent la Galilée parce qu’ils estiment qu’il a gagné une grande expérience de sa participation à la guerre en Syrie.

Si Israël croit que la Résistance s’est amenuisée il va découvrir qu’il commet une grosse erreur.

Des armes sophistiquées

Les armes que la résistance détient sont plus sophistiquées que celles qu’on possédait en 2014.

Nous avons des armes qui nous permettront de remporter la victoire contre toute agression israélienne…La résistance est plus forte que jamais et elle dispose d'un arsenal qui ne vient à l'esprit de personne.

Les graves violations d’Israël au Liban

Au Liban, Israël commet des violations routinières. Mais son bombardement des frontiers libano-syrienne n’est pas pas passé sans riposte, il en est de même pour l’assassinat d’un de nos résistants à Adloun. Ce qui est clair, c’est qu’Israël  calcule désormais ses actes au Liban.

Le Hezbollah prend en considération qu’il fait face à une d armée forte. Et Israël sait très bien qu’il fait face à une résistance forte.

Riposter aux agressions contre la Syrie  

Cependant hors des frontières libanaises. Les raids israéliens répétés sur différents objectifs en Syrie sont une grave violation (…) Toute frappe contre des positions en Syrie vise tout l'axe de la Résistance et pas seulement la Syrie".

On ne s’est pas engagé à ne pas riposter. Oui, cet axe pourrait décider de riposter (...) C'est son droit. Cela peut arriver à tout moment.

 

Au-delà de la Galilée

S’agissant de la Galilée, Israël prend au sérieux le fait que nous serons obligés un jour d’entrer en Galilée.

Ehud Barak (ancien Premier ministre) a dit aux soldats israéliens, lors d’une tournée en Galilée, d’être prêts à entrer au Liban. J’avais après dit aux résistants de s’apprêter à un jour où le commandement de la Résistance  pourrait les appeler à libérer la Galilée. Et depuis ce discours les Israéliens prennent aux sérieux cette menace.

Nous aussi on s’apprête  en cas de confrontation d’entrer et de transférer la guerre à l’intérieure de la Galilée et même au delà. Nous ne cherchons pas une nouvelle guerre (...) mais nous y sommes prêts. Si le commandement de la Résistance (Hezbollah) demande (à ses combattants) d'entrer en Galilée, ils doivent être prêts.

Le monde est préoccupé, et nous aussi par la crise en Syrie et ailleurs. Mais malgré cela, la priorité reste pour la confrontation avec "Israël".

La résistance travaille jour et nuit pour triompher en cas de guerre israélienne contre le Liban. Il y a des hommes (résistants) qui sont chargés de travailler exclusivement sur ce dossier, peu importe ce qui se passe au Liban, et ailleurs dans le monde.

Fateh 110 dans les mains du Hezbollah

Le Hezbollah détient depuis longtemps, depuis 2006, les missiles Fateh-110, (d'une portée pouvant aller jusqu'à 300 km).

Ce que la résistance détient effectivement au Liban est capable de lui faire triompher face à toute agression. Notre plafond est très élevé. La résistance détient toute sorte d’armes que vous pouviez imaginer (...) et en grande quantité. Nous sommes plus forts que jamais.

Je peux t’assurer que les capacités de la résistance n’ont pas été affectées par les crises dans la région.

Recrutement d’un des dirigeants par le Mossad

Je confirme qu’un des dirigeants du Hezbollah a été recruté par les Etats-Unis et le Mossad. Mais cette information a été exagéré par les médias au Liban et ailleurs. Ils ont prétendu que ce collaborateur était chargé de ma protection, impliqué dans l’assassinat de Imad Moghnieh, et supervisait les missiles du Hezbollah et les plans de la résistance.

Or, il était chargé d’une unité sécuritaire qui n’a aucun lien avec la résistance. Il n’avait pas des adjoints, et il a reconnu avoir collaboré avec le Mossad après son arrestation.

Apres 32 ans de la croissance de la résistance, il est normal que cela arrive, cela fait partie de la guerre. L’ennemi s’efforce de transgresser nos rangs. Mais, le Hezbollah est sur le qui-vive. Et cette infiltration est inadmissible et intolérable. Même ses parents s’y sont démarqués. Il a été arrêté depuis 5 mois.

Les services de renseignements arabes

Les services de renseignements arabes essaient d’infiltrer le Hezbollah.

Apres 2006, on a découvert qu’ils ont collecté des informations sur la Résistance et les ont présentées aux Israéliens lors de la guerre 2006.

Coopération des rebelles en Syrie avec « Israël »

Le transfert des blessés dans les rangs des rebelles est l’une des preuves sur cette coopération. « Israël » a lui-même  reconnu avoir soigné 1200 blessés.

Les contacts sont explicites, ils se parlent sur les talkies walkies.

Même sur le terrain, les Israéliens aident les rebelles en bombardant les positions de l’armée syrienne pour faciliter la prise de contrôle par les rebelles de certaines régions frontalières.

Des résistants syriens au Golan

Le Hezbollah n’est pas présent au Golan. Ceux qui mènent des opérations anti-israéliennes, sont des résistants syriens. Notre rôle se limite à entrainer et appuyer les groupes de résistance au Golan.

Y aura-t-il une guerre avec Israël en 2015

Je crois que l’année 2015 ne sera pas différente de 2014. Après la guerre israélienne contre le Liban en 2006 et les guerres contre Gaza, Israël a subi, selon notre avis, une défaite militaire cuisante à l’opposé de la résistance qui a triomphé. Je ne crois pas qu’Israël est prêt à entrer en guerre avec le Liban. La guerre de Gaza démontre que l’armée israélienne n’a pas tiré des leçons de la guerre 2006 avec le Liban.

Israël cherche à réaliser une victoire définitive et rapide, dans la guerre prochaine, et cela est impossible.

Israël est plus faible qu’avant 2006 (…) et calcule très bien ces actes. Il sera fou, s’il mène une guerre contre le Liban.

De plus, malheureusement Israël est ravi de voir toute la région préoccupée par les crises, et en cas de guerre tout le monde arabe se solidarisera avec la Résistance  qui lancera ses missiles sur les territoires occupés et des sites sensibles.

 

Contact avec les factions de la résistance à Gaza

Selon nos informations, le Hamas montre une volonté sérieuse de réviser ses relations avec l’Iran et le Hezbollah. Le Hamas est une force de résistance et l’Iran est un pays qui soutient la résistance. On ne peut pas à présent parler du retour du Hamas à l’axe de la résistance sans la Syrie. Le Hamas a des remarques sur les développements en Syrie. Il en est de même pour Damas.

Ce sujet n’est pas actuellement sur la table.

La relation du Hezbollah avec le Hamas ne s’est pas arrêtée, mais elle n’est pas comme avant 2011. C’est le Hamas qui a choisi de s’éloigner.

Une relation stratégique

Nous aspirons à une relation stratégique avec le Hamas, Israël est l’ennemi de la nation, et nous nous retrouvons dans un seul front. La guerre de 2006 contre le Liban et celle de Gaza se sont répercutés sur la Palestine et le Liban. Israël ne fait pas de distinction, mais ce sont les Arabes qui le font.

 

Il se peut qu’on arrive à un jour où plusieurs fronts sont ouverts à la fois. Nous voulons une relation stratégique avec toutes les factions de la résistance palestinienne.

Relations avec d’autres factions

Nous entretenons également des relations avec les autres factions de la résistance palestinienne (…) même avec le Fateh, et nous veillons à les développer.

La Palestine reste notre cause principale.

Des factions de résistance palestinienne ont participé à la guerre en Syrie

Il n’y a pas jusqu’à présent des preuves. Mais il y a eu des jeunes palestiniens adhérés à certaines factions qui ont pris part à la guerre contre l’armée syrienne dans le camp des Palestiniens de Yarmouk en Syrie. Après avoir interrogé leurs dirigeants, ils ont dit qu’ils n’acceptaient pas leur actes.

 

 La situation en Syrie

Si l’on veut faire le bilan de la guerre en Syrie depuis le premier jour jusqu’ à aujourd’hui,   premier constat incontestable pour tous, c’est que la chute du régime en Syrie  ou  le contrôle de Damas  est terminé.. L’autre partie a échoué dans la réalisation de cet objectif. Cela fait partie du passé.

Tout ce que les  pays régionaux ou occidentaux ont misé sur le renversement du pouvoir en Syrie est tombé dans l’eau. Autrement dit,  il n'y a plus la possibilité pour l'un de renverser le régime en Syrie ou de contrôler le pays.

Nombreux sont les responsables politiques qui ont préconisé que dans un mois le régime tombera, puis ils ont prolongé de deux mois, puis trois mois puis un an et puis deux .. On a même  vu Erdogan faire la prière du Vendredi  et prononçait un discours promettant la fin de l’ère Assad..

Rien de tout ce qu’ils ont planifié contre la Syrie s’est réalisé..Au contraire, ils ont récolté défaite après défaite et déception après déception.

ET donc deuxième constat,  toute solution politique en l’absence de la  direction syrienne n'a pas sa place et tout le monde est convaincu de cette conclusion.

Sur le terrain que peut-on constater ? Les villes les plus importantes et la majorité des régions syriennes sont sous le contrôle de l’Etat syrien. Une partie de la Syrie est contrôlée par Daech et une autre par le front alNosra.

Or, contre  toute attente, les forces militaires syriennes ont pu résister, elles se sont renforcées, se sont organisées alors que  les forces  armées qui sont liées à  la coalition ou à l'Arabie saoudite sont en  voie d'extinction.

Une solution politique au conflit syrien ne suffit pas pour mettre fin à Daech, il faut une décision régionale.

Et cette solution politique  n’est pas possible sans le président Assad .

Qui dit solution politique dit cesser le conflit, or sur le terrain seules les forces régionales sont capables d’influencer sur les  forces islamistes. Imaginons un accord entre la direction syrienne et la coalition en Turquie, avec la participation de toutes les forces  syriennes d’opposition sans Daech et alNosra.. Pensez-vous qu’un tel accord aura une influence sur Daech et alNosra ?Qui pourra se rendre dans les régions de Daech et d’alNosra et les influencer ?

En fait, quand on parle de solution politique on parle de mettre fin à la guerre mais sur le terrain s’il y a un tel accord quel impact aura-t-il ? Sinon de compliquer la solution politique.  

La solution politique dépend d’une décision régionale et celle-ci consiste de mettre fin à tout soutien pour Daech  et tout soutien pour alNosra,  et donc la solution dépend des pays de la région  qui ne veulent pas cesser leur soutien à ces forces islamistes ..

L’Arabie-saoudite, plus faible maillon dans  l’équation régionale

Sur le terrain le plus faible facteur est l’Arabie-saoudite. Souvenez-vous comment Bandar a fait venir des combattants des quatre coins du monde  juste pour renverser le régime syrien.  Le plus important a ses yeux était de renverser le régime syrien, et de régler par la suite le problème des combattants.

L’Arabie-saoudite a là commis une grave erreur : elle a cru pouvoir répéter le scenario de l’Afghanistan.. Mais qui a créé les Talibans, c’est la CIA  et aujourd’hui alQaida est devenu un problème pour tous le monde. Pour l’Afghanistan, pour le Pakistan, pour les Etats-Unis et même  pour l’Arabie-saoudite.

 De même en  Syrie où les forces dites islamistes  se sont réorganisées sont devenues hors contrôle au point de se retourner contre l’Occident et l’Arabie-saoudite.

Cela dit , nous ne pouvons pas négliger le rôle de l'Arabie saoudite dans une solution politique à la crise en Syrie.



La Turquie a des relations avec Daech et alNosra.  

D’abord au niveau des frontières,  tout passe par ses frontières : de la marchandise, des armes et des combattants.  Et rien  ne traverse ses frontières  sans la connaissance de l’armée turque et des renseignements turcs,  ces derniers offrent des facilités sans compter la présence tout au long de ses frontières  de campements d’entrainement pour toutes ces forces militaires islamistes.

Les combattants de Daech entrent en Syrie  via la Turquie ce n’est un secret pour personne.
Autre l’exemple: le pétrole que Daech détient, sachez que ce pétrole il le  vend à la Turquie,  la relation de la Turquie avec Daech est une évidence incontournable pour tous voire non contestée par les puissances occidentales notamment les Etats-Unis.

Pensez-vous une seule seconde que des états vont offrir leur soutien à Daech  sans le feu vert américain.

Il faut savoir que les Etats-Unis ne veulent pas éradiquer Daech, Daech a évolué, a grandi, s’est modernisé sous l’œil des Etats-Unis du moins jusqu’aux événements de Mossoul.

Le problème avec Daech c’est qu’il a tenté de se renverser contre les alliés de leurs alliés, que ce soit en  Irak et en Syrie..

La position de la Turquie envers la Syrie reste très fermée et très extrémiste contrairement à sa position envers l’Irak, où il y a une ouverture dans la façon de traiter avec le dossier irakien et des  signes positifs décelables à travers les visites des responsables iraniens en Turquie et vice versa .

La coalition américaine..

Quand Daech a occupé le Mossoul, il a demandé allégeance, applaudi par certains médias arabes, puis il s’est retourné contre  les pays de la région, ce qui pour les Etats-Unis est grave. Ces derniers ont commencé à parler de Daech comme d’un danger qui menace l’Europe  , en d’autres termes cela signifie que  les pays de la région  risquent de tomber entre les mains de Daech.


D’où la coalition américaine, dont le but n’est pas d’éradiquer Daech ou alNosra mais de les contenir, de manière à les empêcher d’atteindre l’Arabie-saoudite ou la Jordanie..

En Syrie, je doute que les Américains cherchent à empêcher  que Daech n’atteignent les zones contrôlées par le régime en Syrie.

En Irak, les Etats-Unis veulent quelque chose en contre partie de leur aide contre Daech,  d’ailleurs le nombre  de raids américains contre Daech durant toute cette période équivaut à deux jours de raids israéliens durant la guerre de 2006 ! Sans compter leur refus d’armer l’armée irakienne voire ils tentent d’empêcher l’Irak de s’acquérir des armes, des munitions qu’il a malgré tout assuré de l’Iran..  
Si le but est de contenir Daech pour offrir une aide c'est en échange de quoi ? En fait, ils veulent prendre ce qu’ils n’ont pas réalisé durant leur occupation de l’Irak à savoir des bases militaires et des aéroports.

En ce qui concerne la Syrie, les Etats-Unis ne veulent  pas permettre au président Assad de respirer, mais d’utiliser Daech comme une arme d’usure  contre le régime syrien afin de l’essouffler et  imposer la solution qu’ils souhaitent.

Pour l’administration américaine, peu importe que le président syrien reste ou parte,   ce qui importe c’est une solution politique. Ce sont des informations que je vous donne de source sure. Et cette décision date de deux mois..

En fait,  ce sont les pays régionaux  qui insistent sur le départ du président syrien Bachar alAssad comme la Turquie ou l’Arabie-saoudite, alors que l’opposition syrienne n’a pas d’inconvénient à partager le pouvoir avec Bachar alAssad.  

Ainsi on propose un gouvernement d’union national ou la formation d’un comite pour reformer la constitution   ou des élections parlementaires anticipées ou une réduction des prérogatives du président. Certes non militaires, il y a des brouillons en ce sens et selon mes informations un des pays de la  région et dont je ne vais pas nommer, n’a pas d’inconvénient à ce que le président syrien reste de la même confession, mais insiste sur le départ de Bachar alAssad. C’est vous dire combien cet Etat est désespéré..

Je ne pence pas que dans les mois à venir il y ait une solution politique, certes il y a un mouvement régional mais les joueurs n’ont pas seulement brulé leurs doigts en Syrie, mais leurs mains, leurs yeux et leurs visages ont commencé à bruler.

Toute solution en  Syrie sans le président al-Assad est impossible car il est la seule  garantie à toute solution politique en Syrie.

 La carte de Daech pour changer l’équation régionale n’est plus

 Le projet en Syrie a échoué et en Irak aussi. Car la carte de Daech n’est plus utile, il s’agissait à travers elle de changer l’équation régionale, or Daech qui jouissait au début d’une certaine sympathie populaire à Mossoul, a aujourd’hui perdu de son influence. Surtout après avoir massacré une tribu de sa propre confession..

 

Le Hezbollah n’est pas présent à Bahreïn ni au Yémen

A Bahreïn nous insistons sur le dialogue et sur le mouvement pacifique. Oui,  nous avons des relations  à Bahrein, comme nous avons des relations avec tout le monde arabe et musulman , c’est tout à fait normal.

Après le mouvement, des contacts ont eu lieu nous invitant d'user de nos relations amicales avec certains pays pour qu'ils fassent pression sur le régime bahreini afin de trouver une solution politique pacifique.

Nous n’avons pas laisser un ami,  un Etat , un allié afin de convaincre le régime bahreïni  d’entamer un dialogue sérieux avec l’opposition.

Le régime a refusé toute négociation estimant comme seule solution le retour des gens à leur maison.

L’Iran a lui aussi tenté de désamorcer la crise avant les présidentielles à travers les visites  des responsables iraniens qui se sont rendus en Arabie-saoudite mais ils ont eu  droit à la même réponse de la part des Saoudiens.

Or à Bahreïn personne ne veut admettre  qu’il y a une situation de crise,  qu’il faut une solution à Bahreïn .. je vous dis nous avons frappé à toutes les portes mais ils ne veulent pas admettre que le pays traverse une grave  crise et ils nous ont accusé d’ingérence.

De même pour le Yémen, nous n’avons rien avoir avec le mouvement Ansarallah, les événements se sont déclenchés par eux mêmes et se sont bousculés. D’ailleurs, même Ansarallah n’avait pas planifié pour en arriver là, il a été attaqué, il s’est défendu  et puis il y a eu l’accord..

Et ce qui se dit sur un rôle de l’Iran au Yemen est totalement faux.


L’Egypte : porte de solution en Syrie ?

L’Egypte est importante et l’Iran souhaite renforcer ses relations avec l’Egypte.. Et si l’Egypte peut contribuer à trouver une solution en Syrie, ou si la Turquie veut une solution, nous sommes avec n’importe quelles forces régionales qui apportent une solution à la Syrie et  l’Iran sera la première à tendre la  main.


 Pour ce qui est des Frères musulmans, nous n’avons aucun contact avec eux. A vrai dire, les Frères  se sont abstenus de nous ouvrir les portes, ils ont leurs calculs, certaines de leurs personnalités ont des relations privées avec nous mais pas de relations officielles entre le Hezbollah et les Frères musulmans..


Je pense que cela est du à une lecture de leur part qui consiste à ne pas provoquer la sensibilité des Etats-Unis  ou de l’Arabie ou tout autre pays en raison de certains contacts ou alliances.


Voire même l’Iran a tenté  de se rapprocher d’eux mais on lui a fermé les portes, l’Iran était prêt à investir des milliards de dollars en Egypte..



L’Iran : puissance incontestable..

Certes l’Iran rencontre des problèmes économiques, personne ne nie les difficultés qu’elle traverse mais comparées à celle du régime du Shah , ce n’est rien.. 

Et le dossier nucléaire n’est qu’une carte de pression  sachant que l’Iran a tout fait pour préserver le caractère pacifique de son programme nucléaire.


Ce qui est important c’est que l’Iran jouit d’une indépendance et d’une autonomie au niveau de ses décisions, personne ne peut et n’a pu lui dicter ce qu’elle doit faire ni n’a réussi ou réussira à la faire plier.


Les puissances occidentales  ne peuvent supporter qu’ une puissance aussi riche et aussi puissante soit autant autonome..


Sachez que sur la table des négociations 5+1, on ne parle que du dossier nucléaire,  il n’est pas question pour l’Iran de discuter d’autres dossiers.. Car pour l’Iran il est illogique de discuter de son droit avec  d’autres dossiers.

Et donc je rassure les pays qui croient user de l’arme pétrolière pour faire plier l’Iran, la chute des prix du baril de pétrole n’affectera en rien l’Iran..

D’abord, parce que l’Iran ne compte plus sur ses ressources pétrolières ensuite parce que l’Iran est déterminée à s’accrocher à son droit et pour cela elle est prête a résister et à lutter contre tout le monde..


Je suis le seul arabe à connaitre le mieux l’Iran et donc je puis vous assurer que l’Iran jouit d’une capacité de résistance énorme et tout ceux qui misent sur l’arme du pétrole seront les premiers à en subir les conséquences , ils  s’effondreront les premiers alors que l’Iran restera inébranlable..



Le général Qassem Soleimani a contribué à arrêter Daech  en Irak

Soleimani est un ami, un grand commandant, sa mission ,sur le front, aux cotés des forces armées irakiennes à travers les forces alQods, a permis de repousser l’avancée de Daech en Irak..


Et si les Irakiens ont réussi à repousser Daech c’est avec l’aide de cette force, et non grâce aux Etats-Unis, mais grâce aux armes et munitions offerts par l’Iran aux Irakiens pour combattre Daech..


 
Liban : le dialogue entre le Hezbollah et le courant du Futur

Depuis le début, nous avons insisté sur l’importance d’entamer un dialogue avec le Futur afin de réduire les tensions confessionnelles qui menacent la paix civile au Liban. L’initiative a été conduite par le président Nabih Berri et Walid Joumblatt, ensuite c’est Nabih Berri qui a supervisé le dialogue..


Et nous avons insisté sur le fait que compte tenu de la complexité de la situation régionale, il nous est impossible de nous entendre sur des solutions régionales, et donc concentrons nos efforts sur nos problèmes nationaux pour trouver des solutions nationales.  

Comme par exemple, la formation d’un gouvernement, les élections, la paix civile.. de tels points sont passibles de négociations..


Et donc pour ce qui est de la Syrie, nous avons des positions opposées  mais pourquoi en faire un point de discorde entre nous.


Depuis le début nous avons demandé à ce que le Liban soit épargnée de la situation syrienne mais nous n'étions pas avec la politique de distance .. il y a eu confusion  ..

Pour le Hezbollah le résultat escompté à travers ce dialogue est de réduire les tensions confessionnelles..


 D’où la nécessité d’une coopération au niveau sécuritaire et politique.


Pour ce qui est de la question présidentielle,  la question n’a pas encore été débattue , tout le monde sait que nous soutenons le général Aoun qui est le candidat favori tant au niveau de la majorité chrétienne que celle des forces politiques..


Je suis très optimiste quant à l'avenir de ce dialogue car des deux côtés il y a une volonté de coopérer.


La question de signer un accord d’entente avec le Futur n’est pas une condition , l’important est de trouver un terrain d’entente  ce qui n’exclut pas un accord écrit..Certes, il y a des faucons au sein du Futur qui ne souhaitaient pas ce dialogue mais Hariri a œuvré en sa faveur.


Et si nous parvenons à un accord, une rencontre avec Saad Hariri est possible.

Le dialogue entre Geagea et Aoun

Nous soutenons tout dialogue entre deux forces politiques surtout entre les forces chrétiennes  car cela nous permet de résoudre la question présidentielle.


Nous sommes tenus au courant par le courant d’Aoun de l’évolution de ce dialogue.



Le soutien populaire du Hezbollah

Selon  les sondages américains réalisés par des centres d’études chiites  sur le soutien de nos partisans,  98% soutiennent notre participation en Syrie et ce malgré les martyrs qui sont tombés.



Sayyed Hassan Nasrallah : secrétaire général depuis 1992..

Il faut savoir qu’au sein du Hezbollah ce n’est pas une seule personne qui dirige le parti, en l’occurrence le secrétaire général, il s’agit d’une direction collective, le conseil de la Choura est élu, puis c’est lui qui nomme un secrétaire général..


Et donc en ce qui me concerne,  ce sont les frères au sein du Hezbollah qui m’ont nommé et je suis honoré par leur confiance  renouvelée, sachant que personnellement je n’ai jamais travaillé pour atteindre ce poste..

ET si la question ne dépendait que de moi-même,  j’aurai rempli une autre mission au sein du Hezbollah, mais en même temps je ne me désiste pas de mes responsabilités..


Nous espérons que cette année soit l'année des percées , du dialogue et des solutions politiques..