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Inde: dizaines de milliers d’agriculteurs manifestent contre le gouvernement

Inde: dizaines de milliers d’agriculteurs manifestent contre le 
gouvernement

Le lobby agricole, puissant en dépit de la pauvreté des agriculteurs, a contribué à la large victoire du Bharatiya Janata Party (BJP) de Modi en mai 2014.

 Des dizaines de milliers d'agriculteurs indiens, emmenés par le chef de l'opposition Rahul Gandhi, ont manifesté dimanche à New Delhi contre le projet du Premier ministre Narendra Modi de faciliter les réquisitions de terres pour l'industrie.

Le lobby agricole, puissant en dépit de la pauvreté des agriculteurs, a
contribué à la large victoire du Bharatiya Janata Party (BJP) de Modi en mai
2014.

Mais la colère est montée récemment dans les campagnes contre le projet du gouvernement de réviser les lois d'acquisition foncière, renforçant les
inquiétudes déjà alimentées par les pertes de récoltes.

   S'adressant aux manifestants rassemblés dans le centre de la capitale,
Rahul Gandhi, vice-président du parti du Congrès (gauche), a accusé le
gouvernement de faire le jeu des puissants industriels aux dépens des plus
pauvres.

"Le gouvernement Modi veut affaiblir les agriculteurs au point de les
ruiner et de les forcer à vendre leurs terres", a-t-il dénoncé tandis que les
protestataires -- 100.000 selon un officier de police -- scandaient "Gandhi est notre leader".

Avant la manifestation, Narendra Modi avait prononcé devant des
parlementaires de sa formation un plaidoyer en faveur de sa politique. "Ce
gouvernement est pour les pauvres. Nous sommes engagés envers les pauvres", a-t-il assuré. "Tout ce que nous disons est déformé par l'opposition", a-t-il ajouté sans évoquer la réforme foncière.

La loi en préparation prévoit d'exempter les projets liés à la défense, au
logement rural, à l'énergie et aux couloirs industriels d'obtenir le feu vert
de 80% des propriétaires affectés.

Le texte prévoit également de les exonérer d'une "évaluation de l'impact
social" qui doit déterminer le nombre de personnes qui souffriraient de la
perte de ce terrain.

Le gouvernement juge les changements nécessaires pour accélérer le
développement de l'Inde et favoriser la construction de nouvelles villes et
d'usines, la création de couloirs industriels ou de routes.

Mais ses tentatives de pousser le projet de loi au parlement se heurtent à
une opposition unie, majoritaire à la chambre haute.
   
'Modi a trahi'


"Le gouvernement Modi a trahi les gens comme nous. Comment peut-il nous
prendre nos terres, notre principale source de revenus", protestait dimanche
Kalu Ram Honjar, un fermier de 40 ans venu à Delhi de l'Etat voisin de Haryana state.

Le gouvernement a pris des mesures provisoires pour faciliter l'acquisition
de terres pour des projets industriels mais le parlement doit donner son feu
vert pour les rendre définitives. L'examen doit avoir lieu lors de la prochaine
session parlementaire qui s'ouvre lundi.

Le texte doit remplacer le précédent élaboré en 2013 par le gouvernement
conduit par le Congrès et qui fut l'un de ses textes emblématiques pendant sa décennie au pouvoir.

Modi a récemment appelé les agriculteurs à ne pas s'opposer au projet,
promettant que l'acquisition de leur terre n'interviendrait qu'en "dernier
recours".

Malgré ces assurances, le Congrès compte exploiter le mécontentement
populaire pour revenir dans le jeu politique après une série de défaites
électorales qui ont confirmé la déroute des législatives de 2014.

Le Congrès a dirigé l'Inde pendant plus de 50 ans depuis l'indépendance de
1947 avec pratiquement toujours un membre de la famille à la tête du parti.

Rahul Gandhi, dont le père et la grand-mère ont été Premier ministre,
revient tout juste de deux mois de retraite consacrés à "réfléchir" sur les
revers de son parti qui ont fait beaucoup douter sur sa capacité à rassembler et faire gagner.

Décrit comme sans consistance dans un télégramme diplomatique américain, le quadragénaire a jusqu'ici montré peu d'appétit pour le pouvoir qu'il a décrit comme un "poison".