08-12-2022 04:51 AM Jerusalem Timing

Mouallem: "Le président Assad une ligne rouge, la crise s’approche de sa fin"

Mouallem:

Il a rejeté les propos de de Mistura sur les élections présidentielles, qui sont "du seul ressort du peuple syrien".

Le ministre syrien des Affaires étrangères Wallid Mouallem  a déclaré que l'émissaire spécial de l'ONU pour la Syrie Staffan de Mistura n'a pas le droit de proposer un ordre du jour au dialogue syrien à Genève, ni de discuter des élections présidentielles, qui sont "du seul ressort du peuple syrien". 


S'exprimant dans un point de presse ce samedi, Mouallem a dit: "Nous avons reçu une lettre de Staffan de Mistura fixant au lundi 14 mars la date de sa réunion avec notre délégation au siège des Nations Unies. Il entamera le dialogue avec notre délégation, ceci est bien. Mais notre délégation n'allait pas répéter les mêmes erreurs commises lors du dernier round. C'est-à-dire, notre délégation n'attendra pas plus que 24heures à Genève. Elle scrutera l'arrivée des autres délégations de l'opposition pour poursuivre le dialogue", a-t-il expliqué. 

"Nous nous attendons à ce que le dialogue se déroule avec la majeure partie de l'opposition (…) et que la plus grande partie de cette opposition soit représentée, surtout l'opposition nationale qui n'a pas loué les hôtels cinq étoiles à l'étranger, et qui ne s'est jamais dépendue d'agendas extérieurs (…) aucune opposition ne peut prétendre qu'elle représente toutes les oppositions", a martelé le chef de la diplomatie syrienne.

Selon lui, "de Mistura parle de la Constitution syrienne, pourtant il sait que le prochain gouvernement d'union nationale dont on débattra dans l'avenir, nommera une commission constitutionnelle pour mettre en place une nouvelle Constitution ou remanier la Constitution actuelle. Ensuite, il y aura un référendum auquel participera le peuple syrien. Et après son approbation, la Constitution adoptée entrera en vigueur".

Commentant les propos de l'émissaire onusien au sujet des élections parlementaires et présidentielles au cours des 18 mois prochains, Mouallem a rappelé que ces élections sont "du seul ressort du peuple syrien, comme le stipulent toutes les résolutions onusiennes. Ce qu'a dit de Mistura constitue une transgression à ces résolutions et textes onusiens. Les déclarations de Munich et Vienne ont clairement précisé que le peuple syrien décide seul de l'avenir de la Syrie. Je m'adresse à de Mistura: Nous n'acceptons plus dorénavant que tu t'éloignes de la subjectivité pour plaire à telle partie ou à telle autre.  Notre délégation rejettera toute tentative d'inclure ce point dans l'ordre du jour. Notre délégation n'a pas le droit non plus d'en parler. Ceci est du droit du peuple syrien".

A propos des élections parlementaires, le responsable syrien a indiqué qu'elles constituent "une échéance constitutionnelle à respecter", affirmant qu'elles ne s'opposent pas au dialogue de Genève. Nous n'accepterons aucune réserve de qui que ce soit sur cette échéance constitutionnelle. Nous attendons de ceux qui appellent à la démocratie qu'ils respectent les échéances constitutionnelles ou lieu de s'y opposer".

Arrêt des hostilités

Abordant le dossier de la cessation des hostilités, Mouallem a rappelé que les autorités syriennes ont "respecté l'arrêt des hostilités à partir du 27 février dernier, pourtant, l'armée syrienne effectuait des progrès sur tous les fronts. Ceci démontre le souci de la direction syrienne de mettre fin à l'effusion du sang des Syriens. Mais au cours de ces deux semaines, les groupes armés ont transgressé cet accord. L'armée arabe syrienne a riposté à quelques violations et négligé d'autres. Nous rappelons le droit de nos forces armées à riposter à ces violations. Partant de là, je dis aux membres du comité de Genève, dont les membres sont dans la majeure partie des pays ayant comploté contre la Syrie, je leur dis que le droit à la riposte est un droit légitime, et ne peut être considéré comme une violation de l'arrêt des hostilités", a-t-il insisté.

Et d'appeler ceux qui ont porté les armes à profiter de l'arrêt des hostilités pour s'engager dans les réconciliations. 

Vers la fin de la crise

Le chef de la diplomatie syrienne a par ailleurs rappelé que "lors de la dernière guerre médiatique, on a évoqué une intervention terrestre et ensuite le partage du pays. Je vous le dis clairement: Personne n'ose intervenir dans une guerre terrestre en Syrie, et pour cette raison ils se sont rétractés. Ils ont ensuite prôné l'intervention de toutes les forces de la coalition. Le dernier discours du président Obama a démontré qu'il n'interviendra pas. Celui qui a la volonté d'entrer militairement en Syrie qu'il réussisse au Yémen pour parler ensuite du plan B. Kerry a dit il y a deux jours qu'il n'existe pas de plan B".

Et de poursuivre: "Ces propos sont sans fondement. Je vous rappelle ce qui a eu lieu en Syrie en 1925 lorsque la grande révolution syrienne a éclaté suite aux tentatives du mandat français de diviser la Syrie en mini-Etats. En toute confiance je vous assure que le peuple syrien rejettera toute tentative de partage du pays… Mr. Le président Bachar Assad a toujours promis de libérer chaque pouce de la terre syrienne du terrorisme takfiriste… les médias ont rapporté dernièrement les propos du vice-ministre russe des Affaires étrangères Serguei Ryabkov sur le système fédéral en Syrie. Mais ces médias omettent de mentionner que ce responsable russe a insisté sur un consensus syrien sur ce point".


"En tant que citoyen syrien, comme tout autre citoyen, je réitère le rejet de toute proposition liée au système fédéral dans le pays. Nous sommes pour une Syrie unie, peuple, terre, et intégrité territoriale…toutes les conventions internationales le confirment, mêmes celles qui sont en lien avec le traitement de la situation en Syrie", a-t-il encore expliqué.