30-11-2022 06:10 PM Jerusalem Timing

Monarchies arabes-Israël : la normalisation avance

Monarchies arabes-Israël : la normalisation avance

L’Arabie saoudite ne cesse de lancer des appels aux dirigeants israéliens pour adopter son plan de paix

La normalisation entre les monarchies du Golfe et l’entité sioniste avance à un rythme rapide. Alors que les appels lancés par l’Arabie saoudite à l’encontre des responsables israéliens deviennent de plus en plus pressants.   

Mardi dernier, la radio israélienne a révélé qu’une rencontre parrainée par l’union Internationale des Parlements a réuni  à Genève des responsables et parlementaires israéliens avec des parlementaires arabes.

Des représentants égyptiens, bahreinis, émiratis et palestiniens étaient présents à cette rencontre qui avait pour but de se concerter sur des projets hydrauliques.

Les participants se sont mis d’accord pour former des groupes de travail conjoints et pousser de l’avant les projets hydrauliques et pour discuter de thèmes liés à l’agriculture et aux énergies renouvelables lors de rencontres qui seront fixées ultérieurement.


De nouveaux dirigeants sunnites

 
Ce rapprochement des monarchies arabes de l’entité sioniste est tel qu’il constitue un sujet d’intérêts des différents pôles politiques israéliens.   

Lors du forum des Juifs d’Amérique, organisé à Washington, le leader de l’opposition israélienne Itzhak Herzog a révélé l’identité des pays arabes qui sont entrés en contact avec les Israéliens afin de faire avancer « le processus de paix ».

Outre l’Egypte et la Jordanie qui ont signé un accord avec Israël, il s’agit selon lui de l’Arabie saoudite, du Koweït, des Emirats arabes, du Bahreïn et du Maroc.

« Il y a une réelle occasion en vue d’un changement régional, pour parvenir à la paix. Ces Etats sont des partenaires plausibles pour ce processus », a-t-il dit, indiquant que ces pays soi-disant modérées ont fait part d’un intérêt particulier pour la collaboration diplomatique avec Israël pour parvenir a un compromis régional qui puisse mettre fin au conflit en cours et instaurer la paix.

« J’ai travaillé sur ce sujet avec des dirigeants mondiaux et régionaux, via des moyens directes et indirects et j’ai constaté qu’un groupe des pays arabes modérés sont prêts à entamer ce processus avec Israël, ce qui constitue une occasion exceptionnelle », a-t-il poursuivi.

Herzog a rendu hommage au président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi le qualifiant « de leader courageux qui a fait part de sa volonté d’aller de l’avant dans ce processus historique lors de son dernier discours ».

« Il n’y a pas seulement l’Egypte… À la place de la génération précédente des dirigeants (arabes), il y a aujourd’hui des leaders sunnites plus courageux et plus jeunes, qui ont moins de complexe par rapport à Israël et qui sont prêts à œuvrer avec Israël tant que cela sert leurs intérêts », a souligné Herzog.

Selon lui, d’ores et déjà ces Etats coopèrent avec Israël diplomatiquement. «Mais ils exigent pour améliorer leur relation avec nous  que les Israéliens et les Palestiniens prennent des mesures importantes pour régler le conflit entre eux, ou du moins d’avancer dans cette direction», a-t-il ajouté.

Des intérêts communs entre Israël et l'Arabie

Depuis deux jours, le général saoudien à la retraite Anouar Ashki, proche du cercle du pouvoir du royaume wahhabite a accordé un entretien au journal israélien Yediot Aharonot dans lequel il a adressé un message à la classe politique israélienne, évoquant des intérêts communs entre Israël et l’Arabie saoudite et une opportunité historique pour parvenir selon ses termes à un accord de paix.

Ashki qui constitue le canal saoudien officiel avec l’entité de l’occupation a déjà rencontré Dory Gold le directeur général du ministère israélien des affaires étrangères a même affirmé que son pays est disposé à inciter d’autres pays arabes à normaliser leurs relations avec Israël. Il a signalé que son pays compte édifier un pont qui relie l’Asie à l’Afrique dans la région du détroit de Tiran et dans lequel Israël pourra être un partenaire à part entière ou cas où il adopte l’initiative de paix du roi Abdallah.

« Le monde va voir des responsables israéliens et saoudiens dans des rencontres publiques et va être surpris tellement Riyad est efficace », a-t-il ajouté.

Cette initiative qui en appelle au règlement du conflit à la base des deux Etats, stipule que les Israéliens se retirent des territoires palestinien occupés en 1967 et que Jérusalem de l’est soit la capitale de l’Etat palestinien. Elle avait été lancée une première fois par le roi Fahd en 1983 puis renouvelée par le roi Abdallah, en 2002, sans jamais être prise en compte par les différents responsables israéliens.

En échange de quoi, les pays arabes reconnaitraient Israël et normaliseraient avec lui. Or depuis, la normalisation bat son plein, sans même passer par la signature d’un accord.