L’accident a coûté 50 millions d’euros à l’armée française.
Un militaire sans qualification a renversé un camion de transport nucléaire sur une base militaire du sud de la
France, un accident qui a coûté 50 millions d'euros à l'armée française qui l'a tenu secret depuis 18 mois, a indiqué vendredi une source judiciaire à l'AFP.
Le chauffeur sera jugé à huis clos le 16 janvier par un tribunal militaire à Marseille.
Le caporal-chef de 28 ans est poursuivi pour blessures involontaires, mise hors service d'un matériel à l'usage des forces armées et violation de consignes, selon cette source judiciaire.
L'accident s'est produit le 9 juin 2010 sur la base aérienne d'Istres (sud).
Selon le quotidien La Marseillaise, trois militaires, deux chauffeurs et leur supérieur, se trouvaient à bord du camion de transport nucléaire.
Ce véhicule de 33 tonnes s'est renversé dans un virage alors qu'il roulait trop vite, en tentant d'éviter un soldat qui faisait son footing à l'intérieur de la base.
Les trois militaires ont été blessés, dont l'un, avec deux fractures aux cervicales, a passé six mois alité.
L'enquête a pointé des excès de vitesse à répétition sur le trajet du camion - jusqu'à 105 km/h alors que le moteur est théoriquement bridé à 80 km/h, sauf urgence - et des ennuis mécaniques récents sur le véhicule.
Les investigations ont également mis au jour que le chauffeur n'avait pas la qualification requise pour conduire le camion et que l'armée lui a décerné
le brevet nécessaire "par équivalence" deux semaines après l'accident... avec effet rétroactif au 1er mars 2010.
De même, l'armée n'aurait donné une existence officielle à "l'escadron de transport de matériels spécialisés", impliqué dans cet accident du 9 juin 2010,
que le 7 avril 2011, en l'ajoutant à la liste des unités militaires dont les missions exigent, pour des raisons de sécurité, le respect de l'anonymat des personnels.
Le Délégué à la sûreté nucléaire et à la radioprotection pour les activités et installations intéressant la défense, Bernard Dupraz, cité par la Marseillaise, a reconnu que l'affaire décelait "des choses inacceptables".