07-10-2022 07:57 AM Jerusalem Timing

Damas arrête ses opérations jeudi,la balle chez les insurgés

Damas arrête ses opérations jeudi,la balle chez les insurgés

Ces derniers temps, les attaques des insurgés ont été particulièrement meurtrières.Plus de 37 militaires ont été tués ces deux derniers jours.

Le gouvernement syrien a annoncé la fin de ses opérations militaires jeudi matin, jour de l'ultimatum fixé par le plan Annan pour un cessez-le-feu, tout en prévenant que ses forces répondraient à toute attaque "terroriste".
  "Après que nos forces armées ont mené à bien leur mission de combattre les actions criminelles des groupes terroristes et d'affirmer le contrôle de l'Etat, elles décident de mettre fin à cette mission à partir de jeudi matin", a indiqué un responsable du ministère de la Défense.
  Il a toutefois précisé que l'armée resterait prête "à répondre à toute agression des groupes terroristes armés", en référence aux rebelles qui doivent eux aussi faire taire leurs armes jeudi. Les insurgés ont déjà affirmé à plusieurs reprises qu'ils respecteraient les délais fixés par le plan.
  

Au même moment, l'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe Kofi Annan a annoncé avoir reçu une lettre du régime faisant état du même engagement.

Moscou : au tour de l’opposition
  

La Russie, grande alliée du régime de Bachar al-Assad, a dit prendre acte de la promesse de Damas, estimant que c'était désormais "au tour de l'opposition armée" de se conformer au cessez-le-feu.
   Moscou a bloqué avec la Chine deux résolutions au Conseil de sécurité de l'ONU, reprochant au texte suggéré de vouloir  incomber aux seules autorités syriennes la responsabilité des violences qui frappent ce pays depuis plus d’un an.

   
Annan dans la même logique
 

Annan semble lui aussi s’aligner à  la même logique des puissances occidentales. Devant le Conseil de sécurité, il a reproché à  Damas de n’avoir envoyé aucun signe de paix et épargné de faire de même avec les insurgés. Pourtant, les autorités syriennes avaient posé comme conditions pour accepter son initiative un engagement de la part des insurgés de cesser le feu. Ce qui n’a pas eu lieu, selon Damas qui ne cesse d'affirmer que ses actions sont des ripostes aux attaques perpétrées par les "groupes terroristes".


Les attaques contre l'armée sans répit

 

Justement et concernant la situation sur le terrain, une source militaire syrienne ayant requis l’anonymat a indiqué  que des accrochages ont eu lieu entre les forces syriennes et des hommes armés qui ont pris d’assaut les barrages de l'armée regulière dans les régions de Khalidiyyé, Bayyada, et Kossour dans le gouvernorat de Homs, et ceux de la ville d’Al-Kassir dans sa province (rif).

S’exprimant pour la chaine de télévision iranienne arabophone AlAlam, cette source a démenti les versions des faits véhiculées par les agences selon lesquelles l’armée syrienne pilonne les quartiers résidentiels de ces localités. Affirmant que l’armée ne fait que riposter aux sources des tirs venant de ces régions. Il a ajouté que des groupes armés ont piégé quelques maisons  dans ces quartiers.   
 

Selon l’AFP, qui cite les informations véhiculées par l’Observatoire syrien des droits de l’homme, dont le siège se trouve à Londres, il est question de forces massivement déployées dans certaines localités, menaient de nouvelles opérations notamment à Homs (centre), Deraa (sud), Alep (nord) et Deir Ezzor (est), et qui ont tué 11 civils.   L’AFP rapporte les déclarations d’un certain militant à Alep, Mohammad Halabi qui dit : "Chaque pilonnage de ville ou de village est suivi d'un assaut, puis les maisons sont incendiées. Le régime veut donner une leçon aux villes rebelles pour que cesse la contestation".

 

"Syrian Documents": la majorité des victimes sont des militaires 

L’AFP ne rapporte pas l’assassinat d’un général de l’armée syrienne tué ce mercredi dans la matinée dans la province de Damas (Rif de Damas).
Selon l’agence syrienne Sana, le général Jamal Al-Khaled a été abattu ainsi que son chauffeur à bord de sa voiture, lors d’une embuscade perpétrée par des hommes armés à 8 heures du matin alors qu’il se rendait au travail.

Sana a également fait part des obsèques de 7 militaires de l’armée régulière syrienne tués par des bandes terroristes armées à Homs, Edleb, Al-Hassaké et Rif de Damas.
Mardi, ce sont 33 militaires qui ont été inhumés, selon le site en ligne syrien indépendant « Syrian Documents » qui inscrit les détails, les images et les vidéos des évènements syriens depuis  mars 2011.

Selon ce site qui répertorient entre autre les noms des victimes tuées de ces violences, 2286 d’entre eux sont militaires, et 560 civils. 

 

Tirs contre des rebelles et non des réfugiés

Du côté turc, l’affaire des tirs syriens à la frontière syro-turque révèle ses dessous. Présentés comme visant un camp de réfugiés en Turquie, en l’occurrence Kiris, il s’avère selon l’AFP qu’ils visaient « des rebelles de l’Armée syrienne libre » qui traversaient la frontière. Il n’est pas dit s’ils tentaient de s’infiltrer vers les territoires syriens ou inversement. Cet incident avait été l’occasion pour le premier ministre Recep Tayyib Erdogan de rompre sa visite en Chine et de hausser le ton contre Damas, mettant en garde de ne pas pousser son pays "à bout".
   "Ce à quoi nous ne voulons pas penser, c'est d'entrer là-bas. Mais si quelqu'un peut nous forcer à une telle chose, ce serait le régime syrien", a-t-il lancé selon des propos rapporté par la presse turque.

 

Toute intervention d'Ankara passe par le Conseil de sécurité

Les médias turcs ont expliqué cette escalade comme étant la traduction une velléité turque d’intervenir militairement en Syrie.
Interrogé par AlAlam, le haut-conseiller du président turc Ershad Hormuzlu a déclaré que son pays n’a pas encore pris la décision de créer une zone tampon a l’intérieur des territoires syriens et que cette décision devrait se faire dans le cadre de résolutions des Nations Unies. Démentant les assertions de medias turcs, dont le quotidien Melliet qui a écrit qu’Istanbul est en passe de renoncer à la condition d’obtenir un feu vert international pour son intervention !
  

Les occidentaux rivalisent de suggestions, mais...

 

L'ambassadrice américaine Susan Rice, dont le pays préside le Conseil de sécurité de l'ONU en avril, a plaidé en faveur d'"une action collective" pour accentuer la pression sur Damas, en cas de non-respect du cessez-le-feu.
   Le chef de la diplomatie britannique William Hague a suggéré de "porter l'affaire devant la Cour pénale internationale" (CPI) afin que les dirigeants syriens répondent de leurs exactions, tandis que le Français Alain Juppé a préconisé de prendre, après jeudi, de "nouvelles mesures" pour imposer la fin des violences.

La Chine toujours avec la Russie 

Mais les puissance occidentales ne sont désormais plus à elles seules maitresses de la situation

Directement après la position russe, et après avoir mis en garde que la solution politique de la crise syrienne était dans l'impasse, Pékin a réitéré par la voix du porte-parone de son ministère des affaires étrangères son attachement à cette solution, demandant au gouvernement et à l'opposition de respecter immédiatement le cessez-le feu et de mettre en application les mesures préconisées par Annan.

Jusqu'à présent, ni carotte ni baton ne s'avèrent efficace pour changer la position de ces deux puissances