17-06-2021 08:53 PM Jerusalem Timing

Sarkozy VS Mediapart: La guerre est ouverte

Sarkozy VS Mediapart: La guerre est ouverte

Plainte de Sarkozy, destinataire de la note protégée à Paris, Mediapart serein... L’affaire promet d’être retentissante surtout avec cette nouvelle révélation des Inrockuptibles.

La note qui a fait grand bruit … Cette révélation de l'agence Mediapart qui prouverait qu'un financement en 2006 de l'ancien dirigeant libyen à la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy a bien eu lieu ne pouvait pas tomber plus mal.

Le président-candidat est en colère et le parquet de Paris a ouvert une enquête après qu'il ait porté plainte.

Déposée en toute fin d'après-midi lundi, elle vise le site Mediapart, son directeur de la publication Edwy Plenel ainsi que les journalistes Fabrice Arfi et Karl Laske, qui ont cosigné samedi cet article qui faisait état de signatures douteuses entre les parties libyennes et françaises.

L'enquête, ouverte pour "faux et usage de faux", "recel de ce délit" et "publication de fausses nouvelles", a été confiée au directeur régional de la police judiciaire.

Le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, a quant à lui estimé lundi soir près de Lyon (centre) qu'il y avait derrière cette affaire "manifestement une intention de nuire", quelques jours avant la présidentielle.

La note publiée par Mediapart est présentée comme signée par Moussa Koussa, ex-chef des services de renseignements extérieurs libyens vivant en exil à Doha, qui lui aussi l'a qualifiée dimanche de "faux".

Les accusations véhiculées par Mediapart rappellent celles qu'avait lancé il y a à peine un an, le fils de Mouammar Kadhafi, Saïf al Islam, affirmant à Euronews que la Libye avait financé la campagne de M. Sarkozy en 2007.

Dans cette publication, même l'AFP pourtant réputée suivre la ligne politique française en a prit pour son grade, le président-candidat affirmant avoir "honte pour l'AFP d'avoir fait une alerte sur un document faux" et plus généralement pour tous ceux qui ont utilisé ce document.

 
Bachir Saleh, destinataire de la note protégé en France?

Bashir SalehSelon ce document, le régime libyen aurait accepté en 2006 de financer pour "50 millions d'euros" la campagne de Sarkozy. Et selon Mediapart, la note était destinée à un ancien directeur de cabinet de Mouammar Kadhafi, Bachir Saleh, dont la situation restait lundi mystérieuse.

En effet ce dernier, qui serait recherché par Tripoli via Interpol et, selon l'un de ses avocats, se trouve en France, a démenti dimanche avoir reçu cette note.

La notice rouge d'Interpol mentionne un autre nom, Bashir Al-Shrkawi, dont les photos consultables sur internet ont été identifiées par l'AFP à Tripoli comme étant celles de Bachir Saleh. Information confirmée par ce même avocat, Maître Marcel Ceccaldi a confirmé qu'il s'agissait du même homme.

Mais à Paris, le Premier Ministre, François Fillon se défend: « L'ex-dignitaire libyen avait un "passeport diplomatique du Niger" et était à ce titre protégé par l'immunité diplomatique". Seulement voilà, le ministère nigérien des Affaires étrangères a précisé que Saleh n'avait plus ce passeport qu'il avait restitué.

Médiapart « attend avec sérénité un éventuel procès »

 Malgré les pressions, le site d'information maintient ses informations. Edwy Plenel, le directeur de Mediapart assure que son agence "attend avec sérénité un éventuel procès".

L'annonce par Nicolas Sarkozy qu'il porterait plainte ne lui fait visiblement pas peur.

Il ajoute en outre qu'  « il ne suffit pas de contester l'authenticité du document révélé par Mediapart pour mettre fin aux suspicions largement documentées depuis plusieurs mois de relations financières entre l'entourage de Nicolas Sarkozy et celui du dictateur Mouammar Kadhafi".

Et d'annoncer: "Nous en ferons la démonstration si le procès annoncé a bien lieu".

 

Les réactions du PS

Plusieurs personnalités du Parti socialiste ont saisi l'occasion et réagit à la nouvelle.

Commentant cette information, Bernard Cazeneuve, un des porte-parole de François Hollande, demande à Nicolas Sarkozy de « s'expliquer devant les Français » faces "à des éléments aussi graves".

Depuis Alger, le porte-parole du Parti socialiste français Benoît Hamon déclare "Nous demandons que la justice soit saisit. Pour lui, "manifestement Nicolas Sarkozy a une histoire compliquée avec Kadhafi, en référence à ces informations "qui restent encore à vérifier". Mais si c'était le cas, cela voudrait "dire que ce montant n'a pas seulement financé la campagne de Nicolas Sarkozy" en 2007, a-t-il dit, se référant aux 22 millions d'euros dépensés.

Interrogé sur cette affaire, le candidat socialiste à la présidentielle François Hollande a estimé que "c'est à la justice d'être saisie".

"Si c'est un faux, et bien le site sera condamné, si ce n'était pas un faux, à ce moment-là il y aurait des explications à fournir", a dit l'adversaire politique de Sarkozy pour l'Elysée.

Ségolène Royal, candidate déçue de 2007 veut savoir "si l'élection de 2007 s'est déroulée dans des conditions légales" ou si "pendant cinq ans, Nicolas Sarkozy a exercé son mandat de façon illégitime".

 
Infirmières bulgares: Une autre sale affaire, un autre magazine

Sarkozy ET KadhafiEn pleine tourmente, le magazine français Les Inrockuptibles enfonce le clou, mais cette fois sur une toute autre affaire... Les dessous du scandale sur les infirmières bulgares en 2007.

Assurant s'appuyer sur des documents officiels, le magazine révèle « un arrangement secret » entre Nicolas Sarkozy et Mouammar Kadhafi qui a conduit à la libération des infirmières en échange d'un accord sur le nucléaire avec Paris.

Le magazine affirme que "l'essentiel de l'affaire s'est soldé en sept jours, en une succession de bluffs, loin du temps long de la raison diplomatique" et assure que "le sort des infirmières bulgares accusées en Libye d'avoir inoculé volontairement le virus du sida à des enfants, s'est joué sur des missiles français et une centrale nucléaire".

L'hebdomadaire Les Inrockuptibles, à paraître mercredi, affirme avoir pu consulter certains "dossiers confidentiels" qui "s'entassent dans les archives de l'Elysée et du Quai d'Orsay".

Pourtant, interrogé en 2007 par une commission parlementaire, Claude Guéant, alors secrétaire général de l'Elysée et plus proche collaborateur de Nicolas Sarkozy,
avait assuré que la libération des soignants bulgares n'avait pas donné lieu à des "contreparties".

Interrogé lundi sur l'authenticité de ces documents, le ministère des Affaires étrangères n'a pas fait de commentaire. "Nous n'avons pas à confirmer ou infirmer l'existence et le contenu de télégrammes diplomatiques", a indiqué le ministère, rappelant "la nature confidentielle" de ceux-ci.

L'Elysée de son côté n'a pas souhaité y réagir.

Eline Briant