27-05-2022 04:21 PM Jerusalem Timing

Ce qui s’est passé à Alep jeudi

Ce qui s’est passé à Alep jeudi

Une version différente de celle des agences qui occultent les actions des bandes armées et rapportent les faits comme si les autorités ouvrent le feu contre les manifestants.

À l’aube de jeudi, un groupe armé a attaqué les forces de sécurité syrienne aux confins de l’université d’Alep.

Selon le directeur du bureau de la chaine de télévision iranienne AlAlam  à Damas, au moment de l’attaque et de concert avec les insurgés armés, des étudiants universitaires ont mis à feu certains dortoirs de l’université pour effrayer les étudiants.

« Lorsque le feu a ravagé l’un de ces dortoirs, des hommes armés ont pénétré à l’intérieur de l’université et des accrochages les ont opposés aux forces sécuritaires qui ont évacué les étudiants pour assurer leur sécurité », a-t-il dit.

Les affrontements ont duré plusieurs heures, ce qui a poussé la direction de l’université à suspendre les cours et à fermer le complexe jusqu’à nouvel ordre.

Toutefois, l’agence France Presse a présenté une autre version, incriminant comme d’habitude les forces du régime. Tout en affirmant ne pas être capable de vérifier ces faits en raison « des restrictions draconiennes imposées aux médias dans la couverture de la crise en Syrie », elle a accusé les forces syriennes de semer la terreur à l'Université d'Alep, en faisant « irruption manu militari dans cette deuxième université de Syrie ».

Rapportant la version d’un certain Hussein, l’AFP indique qu’une manifestation « pour la liberté et pour la libération des détenus en Syrie a eu lieu à l’université, avant d'être dispersés à coups de gaz lacrymogène".

 "Nous étions à peine rentrés dans nos dortoirs quand 13 bus et huit pick-up ont débarqué et les forces de l'ordre ont commencé à tirer sur le bâtiment", dit-il. "C'était des tirs nourris, ça n'a pas arrêté de 22H00 jusqu'à 04H00 heures du matin", dit-il.

Et d’ajouter que certains étudiants se sont jetés par les fenêtres, d'autres ont été rattrapés, insultés et tabassés.

"Ils ont poursuivi les étudiants dans les couloirs. J'ai vu plusieurs dortoirs incendiés et leurs vitres brisées", raconte de son côté Abou Taym, 22 ans, étudiant en sciences de l'éducation.

 "Ils nous ont fait descendre devant le dortoir des filles et nous ont obligés à nous déshabiller et à nous mettre à plat ventre", dit Abou Taym.

 Ces événements pourraient, selon Rami Abdel Rahmane, chef de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), changer la donne à Alep, en poussant les habitants encore réticents à "à se solidariser avec les étudiants".

Sur ce point, le directeur du bureau de la chaine AlAlam à Damas s’est interrogé sur les raisons pour lesquelles l’insurrection armée cherche à attiser les tensions surtout à Alep. « Les groupes armés veulent que la population à Alep se soulève contre le régime en faisant des victimes dans les rangs des étudiants. Sachant que les Syriens d’Alep ne sont pas descendus dans les rues depuis le début de la crise syrienne ».