27-09-2022 07:54 AM Jerusalem Timing

Manifestation égyptienne exigeant le flageolement de l’ambassadeur saoudien

Manifestation égyptienne exigeant le flageolement de l’ambassadeur saoudien

Suite à l’affaire Najla Wafa, une femme d’affaires détenue dans une prison saoudienne, condamnée à 5 ans de prison et 500 flagellations sur fond d’un conflit commercial avec une princesse ou.. d’ordre moral pour l’Arabie-saoudite!

Des dizaines d’Egyptiens, proches de leurs détenus en Arabie Saoudite, ont manifesté  devant l'ambassade d'Arabie Saoudite au Caire pour protester contre le verdict de la « justice saoudienne »  ordonnant l’emprisonnement et la flagellation de la femme d’affaires égyptienne Najla Wafa.

Les manifestants ont soulevé des slogans réclamant la flagellation et l'expulsion de l'ambassadeur d'Arabie Saoudite du Caire.Ils ont également exigé la démission du ministre égyptien des Affaires étrangères Mohamed Kamel Emro.

Selon le quotidien Masr alYawm, les slogans répétaient : « Oh Kattan écoute cela.. nous n’allons pas laisser passer cette farce », ou «  le peuple exige la flagellation de l’ambassadeur.. le peuple exige l’expulsion de l'ambassadeur," ou encore "Oh gouvernement ne te laisse pas intimider... nous avons notre dignité "!

Et sur les banderoles brandies par les manifestants, on pouvait lire : "Non à la flagellation de la dignité des égyptiens après la révolution..  Liberté à Najla notre fille" et "liberté pour tous les prisonniers Egyptiens".

La manifestation a été organisée par Hamdi Fakhrani, un ancien membre du parlement, qui a déclaré que "la persistance saoudienne à vouloir insulter et humilier les Egyptiens émane d’un régime qui ne peut être que tyrannique et ne se soucie guère de la dignité de l'Egypte, alors que si Najla était de nationalité américaine jamais il aurait osé faire un tel acte."

 

L'affaire Najla Wafa: une affaire commerciale qui en cache une morale conpromettante pour la famille royale??

 

Rappelons que l’égyptienne  Najla Yahya Wafa a été condamnée à 5 ans de prison et 500 coups de fouet en Arabie Saoudite, sur fond d’un conflit d’ordre commercial.

Le père de la détenue égyptienne, Dr.Yehya Wafa, un chirurgien de haute-renommée, accuse la princesse saoudienne d’avoir mis sa main sur la société de décoration que sa fille avait créée ; ajoutant que la princesse avait tenté de forcer sa fille à collaborer avec elle après le succès de la société.

Or, Najla Wafa a été arrêtée en Septembre 2009, à la demande de la princesse saoudienne : son waqil (ndrl : son tuteur sachant que la loi saoudienne interdit à tout étranger de créer sa propre société sur le territoire saoudien à moins d’un tuteur placé au-dessus de son autorité et qui en l’occurrence jouit de tous les droits de propriété !!)  dans la société qu’elle a créée !

Najla a entamé une grève de la faim qu’elle entend poursuivre jusqu’à sa mort pour défendre sa dignité et ses droits, à moins d’une intervention personnelle du président égyptien Mohammad Morsi auprès du monarque saoudien !
 
Pour sa part, l’association Karama pour les droits de l'Homme a appelé les Nations unis a demandé des autorités saoudiennes d’arrêter la flagellation de Najla Wafa détenue dans la prison de Malaz, située dans la capitale saoudienne Riyad.

L'association a précisé dans un communiqué, que « Najla Wafa a été flagellée en mai dernier 300 fois, à 50 coups de fouet par semaine et qu’il lui reste 200 coups de fouet, prévus après le dernier mois de Ramadan».

L’association a souligné que « les forces de sécurité saoudiennes ont perquisitionné sa maison, ont confisqué ses documents et ses biens personnels ».  Ajoutant que « Najla a été soumise à un interrogatoire par les enquêteurs de la police à Riyad pendant quatre jours, et qu’elle a dûe subir la violence et les insultes de la part des enquêteurs voire de  l'avocat de sa plaignante.  En plus son avocat a été interdit de la voir ou de se rassurer de sa santé » !

L’avocat Ahmed Moufreh, membre à l’association Karama a ajouté que  «  Najla Wafa fait partie des  ces centaines de cas de citoyens égyptiens détenus illégalement pendant de longues périodes, et qu’ils sont jugés par des tribunaux injustes, sans compter qu’ils sont soumis à la torture et aux mauvais traitements ».

Par ailleurs, le père de Wafa a nié ce « qui a été répandu concernant l’inculpation de sa fille pour «  un tête-à-tête illégal » , et a déclaré que l’affaire est un différend d'ordre commercial, et que la princesse saoudienne a donné à sa fille un chèque de deux millions de riyals pour ouvrir un restaurant dans un quartier résidentiel de Riyad, et qu’il a offert de restituer cette somme en échange de la libération de sa fille  mais ils ont refusé ».

Il a ajouté qu’ « il a reçu des menaces de la part de l'avocat de la princesse qui a promis d’inciter à sa poursuite les anciens services de sécurité du président déchu s'il parlait à la presse ou aux médias de l’affaire ».

Il a aussi démenti que "les images publiés sur Facebook concernant une femme flagellée couverte de sang, ne sont pas celles de sa fille ".

Dans une lettre publiée par les journaux égyptiens la détenue Najla écrit : «Je ne renoncerai point et ce jusqu'à ma mort, ensuite ce sera la faute au  président Morsi et à chacun qui a coopéré pour cacher mon affaire au roi Abdallah pour des raisons que je connais bien ».

Par ailleurs, les organisations des droits de l’Homme ont  confirmé l’illégalité de l’inculpation de  Najla sachant que son procès souffre de toutes les règles minimales de justice, à leurs têtes le refus par les autorités saoudiennes d’avoir droit à un avocat au cours de son procès.

D’autre part, toujours selon les ODH, Najla a été jugée par un tribunal pénal alors que le différend est d’ordre commercial, donc elle aurait du être jugée par un tribunal civil !

 De son côté, le  ministère égyptien des Affaires étrangères a reconnu son impuissance de réaliser des progrès sur cette question et a indiqué dans une de ses lettres à ce sujet la nécessité de l'intervention de l'autorité supérieure, se référant à la présidence de la république.

Or, ce qui est étrange, c’est que durant les deux visites du  président Mercy en Arabie Saoudite, ni l’affaire de Najla Wafa ni celle des détenus égyptiens n’ont été soulevées ou examinées !!